Principes fondamentaux de la fiscalité internationale des cessions
La fiscalité internationale des cessions d'entreprise est un domaine d'une grande complexité technique, à l'intersection du droit fiscal français, des conventions fiscales bilatérales et du droit européen. Une maîtrise approfondie de ces mécanismes est indispensable pour optimiser le traitement fiscal d'une opération transfrontalière.
Le principe de territorialité de l'impôt
En France, l'imposition des plus-values de cession repose sur le principe de territorialité :
•Personnes physiques résidentes fiscales en France : imposition mondiale (article 4 A du CGI). Les plus-values réalisées sur des titres de sociétés étrangères sont imposables en France.
•Personnes morales : les plus-values sont rattachées au résultat de l'entreprise exploitée en France (article 209-I du CGI).
•Non-résidents : les plus-values sur titres de sociétés françaises ne sont en principe pas imposables en France, sauf si le cédant détient une participation substantielle (plus de 25 % à un moment quelconque au cours des 5 années précédant la cession, article 244 bis B du CGI).
Les conventions fiscales bilatérales
La France a conclu plus de 120 conventions fiscales suivant pour la plupart le modèle OCDE. Ces conventions répartissent le pouvoir d'imposer entre l'État de résidence du cédant et l'État de situation de l'entreprise cédée :
•Article 13 du modèle OCDE : les gains en capital provenant de l'aliénation de biens mobiliers (dont les titres de sociétés) sont en principe imposables dans l'État de résidence du cédant
•Exception immobilière : les gains sur des titres de sociétés à prépondérance immobilière sont imposables dans l'État de situation des immeubles
•Variations conventionnelles : certaines conventions (France-Inde, France-Brésil) prévoient un droit d'imposition partagé
La bonne application de ces conventions est essentielle pour éviter les situations de double imposition et optimiser la charge fiscale globale de la Plus-value de cession de parts sociales : calcul et optimisation.
Le cadre européen
Le droit de l'UE encadre la fiscalité des cessions transfrontalières :
•Directive fusions (2009/133/CE) : neutralité fiscale des opérations de restructuration transfrontalières (fusions, scissions, apports partiels d'actifs)
•Directive mère-fille (2011/96/UE) : exonération de retenue à la source sur les dividendes intra-UE sous conditions
•Directive intérêts-redevances (2003/49/CE) : exonération de retenue à la source sur les intérêts et redevances intra-UE
•Libertés fondamentales du TFUE : interdiction des discriminations fiscales entravant la liberté d'établissement et la libre circulation des capitaux