SAS vs SARL : les différences fondamentales en matière de cession
La SAS (Société par Actions Simplifiée) est devenue la forme juridique la plus plébiscitée pour les créations d'entreprises en France, dépassant largement la SARL en nombre de constitutions. En matière de cession, la SAS offre une flexibilité considérablement supérieure à la SARL.
Les différences clés
Nature des titres :
•En SARL : on parle de parts sociales, représentatives d'une quote-part du capital
•En SAS : on parle d'actions, comme dans les sociétés anonymes cotées
Liberté de cession :
•En SARL : la cession à un tiers est soumise à un agrément légal obligatoire (voir Cession de parts sociales : procédure et formalités)
•En SAS : la cession est libre par principe. Les restrictions n'existent que si les statuts les prévoient expressément
Droits d'enregistrement :
•Parts de SARL : 3% (avec abattement de 23 000 € proratisé)
•Actions de SAS : 0,1% du prix de cession, sans plafond ni abattement
Formalisme :
•SARL : signification obligatoire, modification des statuts (les associés y figurent)
•SAS : simple inscription dans le registre des mouvements de titres, pas de modification des statuts (les actionnaires n'y figurent généralement pas)
L'avantage fiscal majeur
Sur une cession de 1 000 000 €, la différence de droits d'enregistrement est frappante :
•SARL : (1 000 000 - 23 000) × 3% = 29 310 €
•SAS : 1 000 000 × 0,1% = 1 000 €
L'écart de 28 310 € explique pourquoi de nombreux dirigeants transforment leur SARL en SAS avant la cession. Cette transformation est possible par décision unanime des associés et ne génère pas de fiscalité immédiate.
Quand la SAS est-elle préférable ?
La SAS est systématiquement recommandée lorsque :
•Le dirigeant envisage une cession à moyen terme
•L'entreprise fait appel à des investisseurs (fonds, business angels)
•Les associés souhaitent une grande liberté statutaire pour organiser la gouvernance
•Le capital est réparti entre plusieurs associés avec des droits différents