Le rôle du CSE dans les opérations de cession-acquisition
Le comité social et économique (CSE), instauré par les ordonnances Macron du 22 septembre 2017, est l'instance unique de représentation du personnel dans les entreprises d'au moins 11 salariés. Son rôle dans les opérations de cession-acquisition est central et encadré par des dispositions d'ordre public dont le non-respect peut avoir des conséquences graves pour l'opération.
Le cadre légal
Le CSE dispose d'attributions générales en matière de consultation sur les décisions relatives à la marche générale de l'entreprise. L'article L. 2312-8 du Code du travail prévoit que le CSE est informé et consulté sur les questions intéressant l'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise, notamment sur :
•Les modifications de l'organisation économique ou juridique de l'entreprise
•Les conditions d'emploi, de travail et de formation professionnelle
•L'introduction de nouvelles technologies
•Les mesures prises en vue de faciliter la mise ou la remise au travail des travailleurs handicapés
Une opération de cession-acquisition relève directement de la première catégorie, quelle que soit sa forme (cession de fonds de commerce, cession de titres, fusion, apport partiel d'actif).
Les attributions spécifiques du CSE en matière de M&A
Au-delà des attributions générales, le CSE dispose d'attributions spécifiques :
•Droit d'alerte économique (article L. 2312-63) : le CSE peut déclencher une procédure d'alerte lorsqu'il a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l'entreprise
•Droit de recours à un expert (article L. 2315-92) : le CSE peut se faire assister par un expert-comptable de son choix lors d'une opération de concentration
•Droit d'accès aux documents : le CSE a accès aux informations nécessaires pour exercer ses attributions, y compris les documents relatifs à l'opération de cession
L'obligation de confidentialité
Les membres du CSE sont tenus à une obligation de discrétion à l'égard des informations présentées comme confidentielles par l'employeur (article L. 2315-3 du Code du travail). Cette obligation est essentielle dans le contexte d'une opération M&A où la confidentialité est critique pour préserver la valeur de l'entreprise (L'accord de confidentialité (NDA) en cession d'entreprise).
Toutefois, cette obligation a des limites :
•L'employeur ne peut pas qualifier de confidentielles des informations qui sont de notoriété publique
•L'obligation de confidentialité ne peut pas être utilisée pour empêcher le CSE d'exercer ses attributions
•Les membres du CSE peuvent communiquer avec les salariés de manière générale sans révéler les informations confidentielles