Quand un PSE est-il nécessaire après une acquisition ?
Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est une procédure encadrée par le Code du travail qui s'impose lorsqu'une entreprise de 50 salariés ou plus envisage de licencier au moins 10 salariés sur une période de 30 jours pour motif économique. Dans le contexte d'une acquisition, le PSE peut être nécessaire pour réaliser les Réaliser les synergies promises après une acquisition identifiées lors de la La due diligence en acquisition d'entreprise : guide complet.
Les situations justifiant un PSE post-acquisition
Plusieurs configurations peuvent conduire à la mise en place d'un PSE après une acquisition :
•Suppression de doublons fonctionnels : le rapprochement de deux entités génère des fonctions redondantes (comptabilité, RH, commercial, marketing, informatique). La rationalisation de ces fonctions peut nécessiter la suppression de postes.
•Fermeture de sites : la rationalisation immobilière ou industrielle peut entraîner la fermeture de sites et le licenciement des salariés qui ne peuvent être reclassés.
•Réorganisation de l'activité : la refonte des processus post-intégration (Intégration post-acquisition (PMI) : guide complet) peut modifier profondément l'organisation du travail et supprimer certaines fonctions.
•Difficultés économiques de la cible : l'acquisition d'une entreprise en difficulté peut nécessiter une restructuration pour assurer sa pérennité.
•Mutations technologiques : l'intégration de nouvelles technologies (digitalisation, automatisation) peut rendre certains postes obsolètes.
Le motif économique
L'article L. 1233-3 du Code du travail définit les motifs économiques de licenciement :
•Difficultés économiques caractérisées par une évolution significative d'au moins un indicateur économique (baisse des commandes, baisse du chiffre d'affaires, pertes d'exploitation, dégradation de la trésorerie)
•Mutations technologiques
•Réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité
•Cessation d'activité de l'entreprise
Attention : la seule volonté de réaliser des synergies ou de maximiser le retour sur investissement ne constitue pas en soi un motif économique valable. Le motif doit être objectif, réel et sérieux, et apprécié au niveau du secteur d'activité du groupe auquel appartient l'entreprise (Cass. soc., 18 janvier 2011, n° 09-69.199).
Le périmètre d'appréciation du motif
Depuis les ordonnances Macron de 2017 (article L. 1233-3 modifié), le motif économique est apprécié au niveau du territoire national pour les entreprises appartenant à un groupe international. Cette restriction du périmètre facilite la justification du motif économique pour les acquéreurs internationaux.