Le closing est un moment de tension où les erreurs peuvent avoir des conséquences irréversibles. Voici les pièges les plus fréquents identifiés par les praticiens du M&A.
Piège n°1 : Le financement qui échoue au dernier moment
C'est le cauchemar de tout vendeur. Malgré un accord de principe bancaire, le financement définitif peut être refusé ou modifié.
Causes fréquentes :
•Dégradation des résultats de l'entreprise entre la LOI et le closing
•Changement de politique de crédit de la banque
•Problème de garantie (la banque exige des garanties supplémentaires)
•Découvertes en due diligence qui inquiètent le comité de crédit
Comment s'en prémunir :
•Exiger un accord de principe bancaire détaillé avant la LOI (pas une simple lettre d'intention bancaire)
•Prévoir un financement de substitution (plan B avec une autre banque)
•Fixer un délai strict pour la condition suspensive de financement
•En cas de LBO, s'assurer que le repreneur a un apport personnel suffisant (25 à 30 % minimum)
Piège n°2 : La découverte tardive d'un problème
Un événement inattendu survient entre le signing et le closing : perte d'un client majeur, départ d'un salarié clé, sinistre, contrôle fiscal.
Comment réagir :
•Évaluer objectivement l'impact financier réel
•Informer immédiatement l'acquéreur (obligation contractuelle)
•Négocier un ajustement de prix plutôt qu'une rupture
•Vérifier si l'événement constitue réellement un MAC au sens du SPA
Piège n°3 : Le blocage sur les comptes de closing
Si le SPA prévoit un mécanisme de completion accounts, des désaccords peuvent surgir sur le calcul de la dette nette ou du BFR au jour du closing.
Prévention :
•Définir avec une extrême précision les agrégats dans le SPA (avec des exemples chiffrés)
•Prévoir un mécanisme d'expert indépendant en cas de désaccord
•Établir des comptes pro forma avant le closing pour anticiper les ajustements
•Privilégier le mécanisme de locked box pour éviter ce risque
Piège n°4 : La fraude au virement
Les transactions M&A sont des cibles privilégiées des cybercriminels. Le risque de détournement des fonds est réel.
Précautions indispensables :
•Ne jamais communiquer les coordonnées bancaires par email sans vérification par un second canal (appel téléphonique au banquier)
•Vérifier l'identité du bénéficiaire du virement auprès de la banque
•Utiliser un compte séquestre chez un professionnel du droit (notaire, avocat séquestre)
•Méfiance absolue en cas de changement de coordonnées bancaires de dernière minute
Piège n°5 : L'oubli de formalités
Certaines formalités sont oubliées le jour du closing, ce qui peut retarder le transfert effectif ou créer des problèmes ultérieurs.
Check-list des oublis fréquents :
•Mise à jour du registre des bénéficiaires effectifs (obligation légale, amende possible)
•Transfert des délégations bancaires (le cédant garde l'accès aux comptes)
•Révocation des procurations et pouvoirs existants
•Transfert des contrats d'assurance (responsabilité civile, multirisque)
•Notification au bailleur (si le bail le prévoit)
•Mise à jour des accès informatiques et mots de passe
Piège n°6 : La gestion émotionnelle
Le closing est un moment émotionnel intense pour le cédant : il quitte l'entreprise qu'il a construite, souvent pendant des décennies.
Risques :
•Hésitation de dernière minute du cédant (cold feet)
•Renégociation intempestive sur des points déjà tranchés
•Tension avec l'acquéreur sur des détails symboliques
•Stress et fatigue menant à des erreurs
Conseils :
•Préparer psychologiquement le cédant en amont (son conseil doit aborder ce sujet)
•Prévoir un projet de vie post-cession avant le closing
•Séparer l'émotionnel du rationnel en s'appuyant sur les conseils
•Prévoir un dîner ou un moment convivial après le closing pour marquer positivement la transition
Piège n°7 : La communication précipitée
Informer les salariés, clients ou fournisseurs trop tôt (avant que le closing soit effectif) ou trop tard (créant un sentiment de trahison).
Bonnes pratiques :
•Préparer un plan de communication détaillé avant le closing
•Informer les salariés dans les heures suivant le closing (pas avant)
•Informer les clients et fournisseurs clés dans les jours suivants
•Prévoir un message conjoint cédant-repreneur pour rassurer les parties prenantes
•Le cédant doit être présent lors de l'annonce pour incarner la continuité
Piège n°8 : La transition mal préparée
Le jour du closing, le repreneur se retrouve seul aux commandes sans avoir suffisamment préparé la prise en main.
Solutions :
•Formaliser un plan de transition détaillé (100 jours) avant le closing
•Organiser des rencontres préparatoires avec les managers clés avant l'annonce
•Prévoir un calendrier de présentation aux clients et fournisseurs principaux
•S'assurer que le cédant a bien documenté les processus, contacts et informations essentielles
Pour un guide complet de la transmission, consultez Guide complet de la transmission d'entreprise en 2026.