Définitions et différences fondamentales
Dans le vocabulaire du M&A international, deux termes structurent toute réflexion sur la forme d'une acquisition : l'asset deal et le share deal. Ces concepts correspondent exactement à la distinction française entre cession de fonds de commerce et cession de titres, mais avec une terminologie plus précise qui permet de mieux appréhender les enjeux.
L'asset deal : acquisition des actifs
Dans un asset deal, l'acquéreur achète une sélection d'actifs identifiés : fonds de commerce, brevets, marques, équipements, stocks, contrats clients, droit au bail. Il ne rachète pas la société elle-même — il achète ce qui fait la valeur économique de l'activité.
Ce que l'acquéreur n'achète pas dans un asset deal :
•Les dettes fournisseurs, fiscales, sociales antérieures
•Les litiges en cours non révélés
•Les engagements hors-bilan (garanties données à des tiers)
•Les contrats non transférés (qui nécessitent l'accord du cocontractant)
Le share deal : acquisition de la société entière
Dans un share deal, l'acquéreur achète les parts sociales d'une SARL ou les actions d'une SAS. Il acquiert la personne morale dans son entier — avec tous ses actifs, mais aussi tous ses passifs, connus et inconnus.
Différence centrale : dans un share deal, rien ne change pour les tiers (clients, fournisseurs, administration fiscale). La société reste la même entité juridique, avec le même SIREN, les mêmes contrats, les mêmes obligations. Seul le propriétaire change.
La question pratique
La distinction asset deal / share deal n'est pas qu'une question de forme : elle détermine qui assume les risques passés et comment se répartissent les avantages fiscaux. Voir Cession de fonds de commerce : guide complet et Cession de parts sociales : procédure et formalités pour les spécificités de chaque modalité.