Peut-on vraiment valoriser seul ? (limites et utilité)
La question "combien vaut mon entreprise ?" est la première que se pose tout dirigeant qui envisage de céder son activité. Et la bonne nouvelle, c'est qu'il est tout à fait possible d'obtenir une estimation de premier niveau par ses propres moyens — à condition d'en connaître les limites.
Pourquoi une auto-estimation est utile
Réaliser soi-même une première valorisation présente plusieurs avantages :
•Comprendre les mécanismes qui créent ou détruisent de la valeur dans votre entreprise
•Fixer des objectifs de cession réalistes avant d'engager un conseil
•Préparer vos arguments lors des premières discussions avec des acheteurs
•Évaluer l'écart entre vos attentes et la réalité du marché
Les limites à connaître
L'auto-estimation a ses limites, et il faut en être conscient :
•Biais émotionnel : les dirigeants surestiment systématiquement la valeur de leur entreprise de 20 à 40 % en moyenne, parce qu'ils confondent valeur économique et valeur sentimentale.
•Méconnaissance des retraitements : un EBITDA "naïf" n'est pas la même chose qu'un EBITDA retraité. Les éléments non récurrents, les avantages en nature et les loyers infragroupes modifient significativement la base de calcul.
•Ignorance des comparables de marché : les multiples varient considérablement selon le sous-secteur, la taille, le profil de croissance et le moment du marché.
•Absence de légitimité : face à un acheteur et à son conseil, votre propre valorisation n'aura aucun poids si elle n'est pas étayée par une méthodologie reconnue.
La règle d'or
Utilisez votre auto-estimation comme point de départ pour une réflexion interne, mais faites toujours valider votre valorisation par un Le rôle de l'expert-comptable dans une cession ou un Le rôle du conseil M&A dans une cession d'entreprise avant d'entrer en négociation avec des acheteurs. Pour aller plus loin sur les méthodologies, consultez Les 5 méthodes de valorisation d'entreprise.