Pourquoi les retraitements comptables sont indispensables
Dans les PME et TPE françaises, les comptes annuels reflètent rarement la performance économique réelle de l'entreprise. Le dirigeant-propriétaire optimise naturellement sa comptabilité pour réduire la charge fiscale, ce qui conduit à un résultat comptable souvent sous-évalué par rapport à la capacité bénéficiaire réelle.
Le problème des comptes bruts
Les comptes sociaux sont établis selon des règles fiscales et comptables qui ne visent pas à refléter la valeur économique de l'entreprise :
•La rémunération du dirigeant n'est pas normée
•Les charges personnelles passées en charges d'exploitation réduisent artificiellement le résultat
•Les provisions excessives minorent le bénéfice sans justification économique
•Les amortissements accélérés (fiscalement avantageux) ne correspondent pas à la réalité économique
L'objectif des retraitements
L'objectif est de reconstituer un résultat normatif qui reflète ce que l'entreprise générerait si elle était dirigée par un manager salarié, sans optimisation fiscale personnelle du dirigeant. Ce résultat retraité sert de base aux méthodes de valorisation :
•Méthode des multiples : on applique le multiple à l'EBITDA retraité (voir Le multiple d'EBITDA : comment valoriser une PME)
•Méthode DCF : les flux de trésorerie projetés partent du résultat retraité (voir La méthode DCF expliquée simplement)
•Méthode du rendement : le taux de capitalisation s'applique au résultat retraité
L'impact est souvent considérable
Dans les PME patrimoniales, les retraitements modifient l'EBITDA de 20 à 60% en moyenne. Un EBITDA comptable de 250 000 € peut devenir un EBITDA retraité de 400 000 €. Avec un multiple de 6x, cela représente une différence de 900 000 € sur la valorisation. Ignorer les retraitements, c'est se tromper massivement sur le prix.