Le cadre légal : information ≠ accord des salariés
Une erreur fréquente des dirigeants est de croire que les salariés ou le CSE peuvent "bloquer" une cession. La loi est claire : l'avis des salariés est non-bloquant. La consultation du CSE est obligatoire, mais son avis est consultatif.
Les obligations légales d'information
La loi Hamon (2014) et la loi Macron (2015) ont créé un droit d'information préalable des salariés dans les entreprises de moins de 250 salariés. Le principe :
•2 mois avant toute cession, les salariés doivent être informés du projet de cession
•Cette information permet aux salariés de faire une offre de rachat
•Si le cédant reçoit une offre d'un salarié, il n'est pas obligé de la suivre
•Il peut céder à un tiers même si un salarié a fait une offre
Le CSE (Comité Social et Économique) doit être consulté sur les "projets de cession" dans les entreprises d'au moins 50 salariés. Il rend un avis qui peut être positif ou négatif — mais cet avis ne peut pas empêcher la cession.
Ce que les salariés peuvent vraiment faire
Ce qu'ils peuvent :
•Formuler une offre de reprise collective (MBO, SCOP)
•Exiger d'être informés des raisons de la cession et du projet du repreneur
•Demander des engagements sur l'emploi dans le cadre de la consultation CSE
Ce qu'ils ne peuvent PAS :
•Bloquer juridiquement la cession
•Imposer leur candidature comme repreneur
•Exercer un droit de veto sur le choix de l'acquéreur
Voir Droit d'information des salariés en cas de cession et Le rôle du CSE dans une opération de cession pour les procédures précises selon la taille de votre entreprise.