La loi Hamon : contexte et objectifs du droit d'information
La loi Hamon du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire a introduit un droit d'information préalable des salariés en cas de cession d'entreprise. L'objectif affiché par le législateur était de favoriser la reprise d'entreprises par les salariés en leur donnant la possibilité de formuler une offre de rachat.
Le contexte politique et économique
Cette loi est née d'un constat : chaque année, des milliers de PME et TPE viables ferment leurs portes faute de repreneur. Le législateur a estimé que les salariés, qui connaissent l'entreprise de l'intérieur, pouvaient constituer une solution de reprise dans certains cas.
L'esprit de la loi
Le droit d'information des salariés repose sur l'idée que :
•Les salariés ont un intérêt légitime à être informés d'un projet de cession qui affecte leur emploi
•Ils doivent avoir le temps de préparer une éventuelle offre de reprise
•L'information doit être donnée suffisamment tôt pour permettre une réflexion sérieuse
•Le dirigeant n'est pas obligé d'accepter l'offre des salariés — il conserve le libre choix de l'acquéreur
Les modifications de 2015 (loi Macron)
La loi Macron du 6 août 2015 a assoupli le dispositif initial :
•Suppression de la sanction de nullité de la cession en cas de non-respect (remplacée par une amende civile)
•Réduction du délai d'information dans certains cas
•Clarification du périmètre des informations à communiquer
•Ajout de cas de dispense supplémentaires
L'articulation avec les autres obligations
Le droit d'information des salariés s'articule avec d'autres obligations :
•La consultation du CSE (Comité Social et Économique) pour les entreprises d'au moins 50 salariés
•Les obligations liées au processus de cession lui-même (voir Cession de parts sociales : procédure et formalités et Cession d'actions de SAS : mode d'emploi)
•Le respect du NDA : les salariés informés sont tenus à la discrétion (voir L'accord de confidentialité (NDA) en cession d'entreprise)