Fiscalité22 min de lecture26 mai 2027

Guide fiscal complet de la cession de PME/TPE

Plus-value, flat tax, abattements dirigeant, exonération départ retraite, apport-cession 150-0 B ter : optimisez la fiscalité de votre cession.

01

Panorama de la fiscalité de cession : ce qu'il faut savoir

La cession d'une PME génère une plus-value soumise à l'impôt. Le régime fiscal applicable dépend de la structure juridique de la cession (titres ou fonds de commerce), du profil du cédant et des options disponibles. Une bonne stratégie fiscale peut réduire de manière significative l'impôt dû, parfois de plusieurs centaines de milliers d'euros.

Les deux types de plus-values

1. Plus-value sur cession de titres (parts sociales SARL, actions SAS/SA) : le cédant est une personne physique qui vend ses titres

2. Plus-value sur cession de fonds de commerce : l'entreprise (personne morale) vend ses actifs

Le régime fiscal est différent dans les deux cas.

Le régime de droit commun : la Flat Tax (PFU)

Depuis 2018, la plus-value sur cession de titres est soumise par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %, composé de :

12,8 % d'impôt sur le revenu

17,2 % de prélèvements sociaux

Sur 1 M€ de plus-value, l'impôt au PFU est de 300 000 €.

L'option pour le barème progressif

Le cédant peut opter pour l'imposition au barème progressif de l'IR (avec taux marginal pouvant atteindre 45 %). Cette option n'est avantageuse que si les abattements pour durée de détention s'appliquent. Voir Plus-value de cession de parts sociales : calcul et optimisation pour les calculs.

02

L'abattement pour départ à la retraite : 500 000 € exonérés

L'abattement fixe pour départ à la retraite est l'un des dispositifs les plus avantageux disponibles pour les dirigeants-cédants.

Les conditions d'éligibilité (art. 150-0 D ter CGI)

Pour bénéficier de cet abattement de 500 000 € sur la plus-value :

1. Le cédant doit partir à la retraite dans les 2 ans précédant ou suivant la cession

2. La société doit être une PME au sens communautaire (< 250 salariés, < 50 M€ de CA)

3. Le cédant doit avoir exercé une fonction de direction dans la société pendant au moins 5 ans avant la cession

4. Le cédant doit avoir détenu au minimum 25 % du capital pendant au moins 5 ans

5. La société ne doit pas être une société de gestion de patrimoine (SCI, holding passive, etc.)

Exemple chiffré

Pour une cession à 1,5 M€ avec une plus-value de 1 M€ :

Avec abattement retraite : plus-value imposable réduite à 500 000 € → impôt PFU de 150 000 €

Sans abattement : impôt PFU de 300 000 €

Économie : 150 000 €

Cumul avec d'autres dispositifs

L'abattement retraite peut se cumuler avec l'abattement pour durée de détention en cas d'option pour le barème progressif. Cependant, depuis la loi de finances 2018, la combinaison est moins avantageuse qu'auparavant pour les hauts montants de plus-value.

Consultez Abattement départ en retraite du dirigeant cédant pour les conditions détaillées.

03

L'apport-cession (150-0 B ter) : reporter l'impôt et réinvestir

Le régime de report d'imposition de l'article 150-0 B ter du CGI permet de reporter indéfiniment l'impôt sur la plus-value en échange d'un réinvestissement dans l'économie réelle.

Le mécanisme

1. Le cédant apporte ses titres à une holding qu'il contrôle

2. La holding cède les titres à l'acheteur final

3. La plus-value constatée lors de l'apport est mise en report d'imposition

4. Pour maintenir le report, la holding doit réinvestir au moins 60 % du produit de cession dans des activités économiques qualifiées dans les 2 ans

Les conditions de réinvestissement

Le réinvestissement doit être opéré dans :

Des sociétés soumises à l'IS qui exercent une activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale

Des fonds communs de placement à risques (FCPR), fonds d'investissement (FCPI, FIP)

Des PME en croissance directement

L'imposition est définitivement purgée si la holding conserve les investissements pendant au minimum 5 ans.

Les pièges à éviter

Le cédant doit contrôler la holding au moment de l'apport

Les réinvestissements dans une activité de gestion de patrimoine ne sont pas qualifiés

Une donation ou dissolution de la holding entraîne l'imposition immédiate du report

Ce dispositif nécessite un accompagnement fiscal expert. Consultez Apport-cession et article 150-0 B ter : guide complet.

04

Les exonérations spécifiques aux TPE et PME

Plusieurs régimes d'exonération sont réservés aux petites entreprises et permettent une exonération totale ou partielle de la plus-value.

Exonération totale pour les petites activités (art. 151 septies CGI)

Pour les entreprises individuelles et les associés de sociétés de personnes :

Exonération totale si le CA HT < 250 k€ (services) ou 500 k€ (ventes)

Exonération partielle entre ces seuils et 350 k€ / 700 k€

Conditions : exercice de l'activité depuis au moins 5 ans

Exonération sur transmission à titre gratuit ou onéreux (art. 238 quindecies CGI)

Pour les cessions de fonds de commerce ou d'une branche d'activité :

Exonération totale si la valeur des éléments transmis < 300 k€

Exonération partielle entre 300 k€ et 500 k€

Concerne aussi les transmissions à des salariés ou membres de la famille

Le régime de la holding animatrice

Si les titres sont détenus par une holding animatrice, les conditions du Le pacte Dutreil : transmettre à moindre coût fiscal peuvent s'appliquer et réduire les droits de donation de 75 %.

La flat tax pour les cessions de titres PME

Pour les titres acquis avant 2018 et détenus plus de 2 ans, des abattements pour durée de détention (50 %, puis 65 %) s'appliquent en cas d'option pour le barème progressif. Ces abattements peuvent rendre le barème plus avantageux que la flat tax pour des détenteurs de longue date.

05

Comment optimiser la fiscalité de sa cession : stratégies et timing

Anticiper 2 à 3 ans avant la cession

La plupart des dispositifs d'optimisation fiscale nécessitent une anticipation. L'apport-cession (150-0 B ter) doit être réalisé avant la signature d'une promesse ferme de cession. L'abattement retraite exige que le départ à la retraite soit planifié.

Les étapes clés d'une stratégie fiscale optimisée

1. Audit fiscal préalable : identifier le régime applicable, les risques de redressement et les dispositifs disponibles

2. Choix de la structure : cession directe, apport à une holding, OBO

3. Optimisation de l'assiette : normalisation de l'EBITDA, anticipation des plus-values sur actifs

4. Gestion du produit de cession : versement des dividendes avant cession, trésorerie excédentaire

La rémunération du dirigeant avant cession

Dans les années précédant la cession, certains cédants choisissent de se verser des dividendes importants pour appauvrir la cible et réduire la plus-value. D'autres préfèrent laisser la trésorerie dans la société pour valoriser les actifs de trésorerie.

Le timing de la cession

Partir à la retraite quelques mois avant ou après la cession peut ouvrir droit à l'abattement de 500 k€. Le choix de la date de clôture de l'exercice peut également impacter l'EBITDA présenté à l'acheteur.

Recourir à un fiscaliste spécialisé

L'enjeu fiscal d'une cession est trop important pour être traité sans expert. Un avocat fiscaliste ou un expert-comptable spécialisé en M&A peut identifier des économies fiscales de 5 à 20 % du prix de cession.

06

La fiscalité après la cession : gérer le produit de cession

La cession ne s'arrête pas au jour du closing. La gestion fiscale et patrimoniale du produit de cession est un enjeu majeur.

L'imposition immédiate ou différée

Selon le régime retenu :

PFU 30 % : imposition dans l'année de cession, déclaration en mai de l'année suivante

Apport-cession 150-0 B ter : report d'imposition jusqu'au désinvestissement de la holding

Remploi et investissement

Le produit net de cession peut être :

Placé sur un contrat d'assurance-vie (capitalisation différée, transmissible)

Investi via le PEA ou le PEA-PME

Réinvesti dans une nouvelle activité (apport-cession)

Utilisé pour financer le train de vie ou les projets personnels

La gestion patrimoniale post-cession

Consulter Gestion de patrimoine après la cession de son entreprise pour structurer son patrimoine après une cession : immobilier, contrats de capitalisation, épargne retraite et transmission à ses enfants.

L'ISF/IFI après la cession

La vente de l'entreprise met fin à l'exonération IFI sur les titres professionnels. Si le produit de cession est investis dans l'immobilier, il peut devenir soumis à l'IFI. Une restructuration patrimoniale s'impose généralement dans les mois suivant la cession.

Questions fréquentes

Quelle imposition sur la plus-value de cession d'une SARL ?
Par défaut, la plus-value est soumise au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). Des abattements ou exonérations peuvent s'appliquer : abattement retraite (500 k€), abattements pour durée de détention (si option barème progressif) ou apport-cession (report d'imposition).
Comment bénéficier de l'abattement départ retraite de 500 000 € ?
Il faut : (1) partir en retraite dans les 2 ans avant ou après la cession, (2) avoir été dirigeant depuis au moins 5 ans, (3) avoir détenu au moins 25 % du capital pendant 5 ans, (4) céder une PME au sens communautaire. Ce dispositif s'applique une seule fois.
Qu'est-ce que le dispositif apport-cession 150-0 B ter ?
C'est un mécanisme de report d'imposition : le cédant apporte ses titres à une holding qu'il contrôle, qui les revend ensuite. La plus-value est mise en report. Si 60 % du produit est réinvesti dans des activités économiques dans les 2 ans, l'imposition est maintenue en report tant que la holding conserve les investissements.
Vaut-il mieux vendre les titres ou le fonds de commerce ?
Fiscalement pour le vendeur, la cession de titres est généralement plus avantageuse (flat tax 30 %). La cession de fonds de commerce génère des droits d'enregistrement plus élevés pour l'acheteur mais peut permettre une exonération totale pour les petites activités (art. 238 quindecies) si la valeur est < 300 k€.
Faut-il consulter un fiscaliste avant de vendre son entreprise ?
Absolument. L'enjeu fiscal peut représenter 20 à 30 % du prix de cession. Un avocat fiscaliste ou expert-comptable spécialisé peut identifier les dispositifs applicables, optimiser le timing et structurer la cession pour minimiser l'imposition légalement.

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