Le rôle essentiel de la clause de non-concurrence en cession d'entreprise
La clause de non-concurrence est l'une des dispositions les plus importantes dans un acte de cession d'entreprise. Elle interdit au cédant de créer ou de participer à une activité concurrente de celle qu'il vient de vendre, pendant une durée et sur un périmètre géographique définis.
Pourquoi cette clause est indispensable
Sans clause de non-concurrence, le cédant pourrait théoriquement :
•Créer une entreprise concurrente dès le lendemain de la cession
•Reprendre contact avec ses anciens clients pour les détourner
•Débaucher les salariés clés de l'entreprise cédée
•Exploiter le savoir-faire et les secrets commerciaux qu'il détient
L'acquéreur paie la valeur de la clientèle, du savoir-faire et de la notoriété. La clause de non-concurrence protège cet investissement en empêchant le cédant de détruire la valeur qu'il vient de vendre.
La distinction avec le droit du travail
La clause de non-concurrence en cession d'entreprise se distingue fondamentalement de celle insérée dans un contrat de travail :
•En droit du travail : la clause doit obligatoirement être assortie d'une contrepartie financière (indemnité versée au salarié)
•En cession d'entreprise : la contrepartie est considérée comme incluse dans le prix de cession lui-même — pas besoin d'indemnité supplémentaire
Le fondement juridique
La clause repose sur l'obligation de garantie du fait personnel du vendeur (article 1626 du Code civil) et sur la liberté contractuelle. En l'absence de clause expresse, la jurisprudence reconnaît une obligation implicite de non-concurrence à la charge du cédant, mais son contenu est incertain. Mieux vaut donc tout prévoir contractuellement.
Pour sécuriser l'ensemble de la transaction, cette clause s'intègre dans l'acte de cession aux côtés de la garantie d'actif et de passif. Voir Cession de parts sociales : procédure et formalités et Cession d'actions de SAS : mode d'emploi pour les modalités spécifiques.