La responsabilité du dirigeant avant et pendant la cession
Le dirigeant d'entreprise qui prépare la cession de sa société reste pleinement responsable de ses actes de gestion jusqu'au jour du closing. Sa responsabilité peut être engagée sur plusieurs fondements juridiques, tant civils que pénaux.
La responsabilité civile du dirigeant
La responsabilité du dirigeant est encadrée par le Code de commerce et le Code civil :
•Responsabilité envers la société (article L. 225-251 du Code de commerce pour les SA, L. 223-22 pour les SARL) : le dirigeant est responsable des fautes de gestion commises dans l'exercice de ses fonctions
•Responsabilité envers les tiers : en cas de faute détachable de ses fonctions, le dirigeant peut être personnellement responsable envers les tiers (clients, fournisseurs, salariés)
•Responsabilité envers les associés : en cas de violation des statuts ou des lois applicables
Les risques spécifiques liés à la cession
Pendant le processus de cession, certains comportements peuvent engager la responsabilité du dirigeant :
•Dissimulation d'information : ne pas révéler au repreneur un litige en cours, un risque fiscal ou social, une perte de client majeure constitue un dol (article 1137 du Code civil)
•Gestion anormale pré-cession : augmenter artificiellement les résultats avant la vente (facturation anticipée, report de charges, sous-provisionnement) constitue une présentation infidèle des comptes
•Poursuite d'activité déficitaire : si l'entreprise est en cessation des paiements, le dirigeant doit déclarer cette situation dans les 45 jours (article L. 631-4 du Code de commerce). Le défaut de déclaration engage sa responsabilité.
•Distribution de dividendes fictifs : distribution de dividendes prélevés sur des bénéfices inexistants ou insuffisants (article L. 232-12 du Code de commerce)
L'obligation de loyauté envers l'acquéreur
Le dirigeant-cédant est tenu d'une obligation de loyauté dans le processus de cession :
•Information sincère et complète : le cédant doit fournir des informations exactes sur l'état de l'entreprise (article 1112-1 du Code civil sur le devoir d'information)
•Absence de réticence dolosive : ne pas taire un fait qui, s'il avait été connu, aurait empêché l'acquéreur de contracter ou l'aurait conduit à contracter à des conditions différentes
•Maintien de la gestion normale : le dirigeant doit continuer à gérer l'entreprise normalement pendant la période entre le signing et le closing, sans prendre de décisions anormales
La clause de gestion dans l'intervalle (interim period)
Le protocole de cession prévoit généralement une clause encadrant la gestion entre le signing et le closing :
•Liste des actes soumis à autorisation préalable de l'acquéreur (investissements, recrutements, engagements contractuels significatifs)
•Obligation de gestion en « bon père de famille » / en « personne raisonnable »
•Information régulière de l'acquéreur sur l'évolution de l'activité
Pour les étapes du processus de cession, consultez Les 7 étapes clés de la cession d'entreprise.