Reprendre une entreprise en difficulté : opportunités et risques
La reprise d'une entreprise en difficulté représente une opportunité d'acquisition à prix décoté, mais implique des risques spécifiques qui nécessitent une expertise et une méthodologie rigoureuses. En France, chaque année, environ 50 000 entreprises font l'objet de procédures collectives (redressement ou liquidation judiciaire), dont une partie significative est reprise par des tiers.
Pourquoi s'intéresser aux entreprises en difficulté ?
•Prix d'acquisition réduit : les valorisations sont significativement inférieures à celles du marché (décote de 30 à 70 % par rapport à une entreprise saine), car le vendeur est contraint (voir Valoriser une entreprise en difficulté)
•Actifs de qualité : le fonds de commerce (clients, marque, savoir-faire, équipements) peut avoir une valeur intrinsèque forte malgré les difficultés financières
•Barrières à l'entrée réduites : moins de concurrence entre acquéreurs que sur les dossiers d'entreprises saines
•Purge du passif : dans le cadre d'un plan de cession judiciaire, l'acquéreur peut reprendre l'entreprise sans son passif (article L. 642-12 du Code de commerce)
•Aides publiques : dispositifs d'accompagnement spécifiques (Bpifrance, aides régionales, CODEFI)
Les risques spécifiques
•Perte de clients : la difficulté de l'entreprise peut avoir érodé la confiance des clients, fournisseurs et partenaires
•Fuite des talents : les collaborateurs clés ont pu quitter l'entreprise avant la reprise
•Dégradation des actifs : sous-investissement chronique, maintenance différée, obsolescence des équipements
•Passif social : risques prud'homaux liés aux restructurations, obligation de reclassement
•Passif environnemental : pollution des sols, non-conformité aux normes environnementales (ICPE)
•Complexité juridique : procédures devant le tribunal de commerce, contraintes du Code de commerce
Les différents contextes de reprise
La reprise peut intervenir à différents stades de la difficulté :
•Pré-difficulté : reprise amiable d'une entreprise en situation fragile mais pas encore en procédure collective (voir Mandat ad hoc et conciliation : les procédures amiables)
•Redressement judiciaire : reprise dans le cadre d'un plan de cession ordonné par le tribunal (voir Cession par le tribunal de commerce : mode d'emploi)
•Liquidation judiciaire : reprise des actifs dans le cadre de la liquidation, souvent au prix le plus bas
•Prepack cession : procédure accélérée préparée en amont (voir Le prepack cession : procédure accélérée de vente)
Chaque contexte implique des règles, des délais et des interlocuteurs différents.