La règle des 20-30 % : mythe ou réalité ?
Dans le monde de la reprise d'entreprise, la règle des 20 à 30 % d'apport personnel est systématiquement évoquée. Mais d'où vient-elle et est-elle absolue ?
Origine de la règle :
Les banques appliquent cette norme pour s'assurer que le repreneur a un engagement financier significatif dans l'opération. Un apport de 20 à 30 % du prix d'acquisition signifie que le repreneur supporte le premier risque de perte en cas de défaillance.
En pratique :
•Moins de 15 % : la plupart des banques refuseront de financer
•15 à 20 % : financement possible si le profil du repreneur et la cible sont excellents
•20 à 30 % : zone de confort bancaire standard
•Plus de 30 % : conditions de financement optimales, taux réduit, garanties allégées
Nuances importantes :
•L'apport s'entend au sens large : fonds propres injectés dans la holding, y compris les prêts d'honneur
•Les banques comptabilisent les prêts d'honneur comme des quasi-fonds propres dans le calcul du ratio
•Un crédit vendeur de 15-20 % peut compenser un apport personnel légèrement inférieur
•Le profil du repreneur (expérience, compétences sectorielles) peut compenser un apport modeste
Exemple concret :
Pour une reprise à 500 000 euros, l'apport attendu est de 100 000 à 150 000 euros. Avec 50 000 euros d'épargne personnelle, 30 000 euros de prêt d'honneur et 20 000 euros de love money, le repreneur atteint 100 000 euros de quasi-fonds propres, soit 20 % — un minimum acceptable.